Les prémices d’une nouvelle conscience.

« Il y a dans l’idée de flamme jumelle, de marche vers l’autre et vers soi quelque chose du chemin que fait l’enfant jusqu’au miroir dans lequel il finira par se reconnaître. Au départ il pensera se tenir devant un autre enfant, souvent amusant, parfois étrange qui ne réagit pas à ses sollicitations comme il le souhaiterait, jusqu’à cette peur précédant le moment de la révélation où il comprend que cette image n’est autre que la sienne. »

Notre cerveau reproduit souvent dans son fonctionnement les grands principes qui régissent l’univers. Les principes gouvernant la forme sont similaires notamment dans l’ordonnancement et nous prenons tous forme en naissant. La matière s’ordonne pour conférer propriétés et fonctions entre autre éléments (…)

La conscience se développe par l’établissement de certaines connexions au détour d’expériences, d’apprentissages. Nous nous rendons compte que nous sommes en train de penser, nous éprouvons de l’empathie pour autrui, nous ressentons de l’amour ou du chagrin (…) Toutes ces réactions physiologiques ou physiques traduisent généralement des processus et des principes qui sont bien plus universels qu’il y parait et le joli nez hérité de votre mère n’a pas si loin à voir avec la façon dont le cristal laisse passer la lumière ou celle qui permet au diamant d’être l’un des composants les plus durs de la nature.

Ceci étant posé, si nous suivions le chemin d’une flamme comme nous suivrions le chemin d’un petit enfant qui progressivement développe la conscience qu’il a de lui, de son corps notamment nous serions étonnés par les points communs qui les relient.

Au départ, l’enfant ignore qu’il peut agir sur le monde et qu’il en est séparé. Il découvre avec stupeur qu’il peut faire bouger des objets presqu’accidentellement, que les gens réagissent à ses actions jusqu’au jour où il va comprendre que cet autre dans le miroir c’est lui car longtemps la tache sur son front perçue dans le miroir il cherche à l’effacer sur le miroir. Dans les deux cas il semble qu’il s’agisse d’un processus de développement de la conscience intimement lié à l’idée de conscience de Soi.

Cette expérience au fond pourrait faire partie intégrante de l’évolution de l’individu et correspondre à un  nouveau degré de conscience dans le développement de l’être humain comme celui qui va permettre au jeune enfant de se reconnaitre et de se construire une image et un rapport au monde. Si l’enfant apprend à reconnaître son reflet (image réfléchie) et se construire une personnalité par rapport aux réactions (reflet à nouveau du soi perçu en surface nommé égo), la flamme jumelle semble quant à elle reconnaître une part normalement invisible et intérieure (absorption) qu’elle nomme âme et se relier autrement au monde qui l’entoure.

Ce processus comme celui du jeune enfant est long et passe par différentes étapes et c’est grâce à la curiosité que va susciter l’autre et cette expérience que l’individu va repousser les limites de sa propre compréhension du monde et donner du sens à cette expérience.

Il n’y a aucune idée farfelue à cela, l’être humain tend à développer sa conscience de soi et du monde. L’expérience de « flamme jumelle » va permettre d’acquérir un nouveau stade de conscience comme il est tout aussi évident qu’un individu coupé des réalités du monde et choyé pourrait se trouver totalement transformé en découvrant qu’à l’autre bout du monde des enfants meurent de faim. Il s’agira là de la conscience du monde qui nous entoure et pour les flammes cela relèvera plus de l’ordre de l’intime mais le processus pourrait au fond être le même.

J’utilise souvent cette analogie du cube perçu rouge qui émet le rayonnement rouge mais absorbe d’autres rayonnements. Le cube c’est cette image réfléchie et émise dans la réalité sensorielle mais aussi cette part invisible attachée à une dimension de l’être profond que nous ne percevons pas avec les sens mais que nous projetons par d’autres mécanismes plus inconscients qui façonnent pourtant notre monde à notre insu, tout comme le reflet de l’enfant existe un temps dans le monde à son insu.

Nous prenons conscience de nous par la réflexion ou l’émission de notre corps et ce que les autres nous enseignent par leurs réactions quand nous grandissons. A l’inverse l’autre flamme va être le miroir de cette réalité invisible, de ce soi ignoré que nous ne voyons jamais se projeter dans le monde -, enfin si, mais comme l’enfant nous ne reconnaissons pas ce soi qui entretient un rapport très direct avec les synchronicités que nous percevons autour de nous.

Cette rencontre avec la symbolique autre moitié de notre âme va donc établir une nouvelle conscience de ce que nous sommes et pour commencer un mouvement, une séparation illusoire (autant de mécanisme qui existe bien dans la nature et qui sont relatés dans des textes comme la fameuse union de Geb et Nout séparés qui décalent le temps pour enfanter ou dans la paille plongée dans le verre d’eau qu’on voit coupée en deux).

Les guides magiques et autres entités pourraient n’être que du soi non reconnu et identifier comme tel faute d’une conscience suffisante.

Dans un processus futur de construction de l’individu l’interaction entre les différentes parties de l’être et du tout permettrait d’agir autrement (…) Imaginez qu’une maison prenne feu et qu’une file de gens s’unissent pour se passer un seau d’eau depuis la rivière en contrebas, ils savent avec leur conscience comment agir sur le monde physique et si progressivement certains individus comprenaient que le monde qui nous entoure sur lequel nous pensons n’avoir aucune prise nous en avions bien une ? Si ce que nous imaginons synchronicités, aléas, guidance nous en étions au fond les émetteurs cela changerait à jamais notre vision du monde et le monde. Pour peu que ceux qui le comprennent se souviennent de cette phrase dans Spiderman : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». C’est une hypothèse ouverte (…)

Si l’enfant en prenant conscience de ce corps physique peut construire une tour, que se passe-t-il quand nous développons ce type de conscience ?

L’amour ressenti est en lien avec l’idée de réunion et même d’union. Ces deux parts de l’être illusoirement décalée vont tenter de se relier (pas nécessairement de fusionner au sens entendu strictement) et en comprenant le mouvement entre elles (la fameuse danse des flammes) de leur rendre leur fonction originelle.

Si l’enfant se dit que cette image dans le miroir est la sienne, la flamme songe que cet être devant elle c’est l’autre partie d’elle et qu’il ne forme qu’Un. C’est comme si elle se tenait devant un miroir mais animé ayant une conscience propre. L’enfant personnifie son image comme un autre enfant, ne ferions nous pas également la même chose avec ce lui ou cette elle ? Est-ce vraiment l’autre partie de notre être ? Un reflet intérieur inversé ? Une façon de comprendre comment nous sommes constitués et agissants ? Autant de mystère que vous allez devoir percer !

Aparté (en lien avec les conclusions qu’on peut tirer de cette corrélation) : l’enfant ne perçoit pas la tache sur son front et veut l’effacer sur le miroir puis il comprend et l’efface sur son front. La flamme tente de faire réagir l’autre, de se faire aimer, cherche à lui faire comprendre qu’ils ne forment qu’Un mais si il n’est qu’un reflet il ne le peut pas. La conscience véritable s’établit quand la flamme renonce à faire comprendre l’autre pour chercher à comprendre elle-même, quand elle apprend à s’aimer, quand elle renoue avec cette autre partie en elle dont il ne pourrait-être qu’un reflet constitutif de l’être.

** Toute la complexité est de parvenir à créer cette nouvelle image du Soi et d’établir notre rapport à l’autre **.

Le mystère reste entier ensuite… puisque l’enfant qui sourit voit son reflet sourire est-ce que quelqu’un qui s’aime entraine l’amour de l’autre par réaction ? Ou est-ce que plus la flamme devient la manifestation de ce soi véritable plus l’autre le devient ? Autant de choses a explorer (…)

Une épreuve un peu différente attend les flammes cependant. Le reflet de l’enfant dans le miroir c’est celui qu’il perçoit dans les yeux des autres, que tout le monde voit et il y a une forme d’unanimité, les autres lui disent : « c’est toi ! » mais… l’autre flamme ne nous ressemble pas physiquement et à bien y regarder il ne nous ressemble pas non plus intérieurement sauf à creuser tellement profondément que cela nous ferait passer de l’autre côté du miroir ! Quant aux autres bien loin de nous dire : « c’est toi ! », ils nous enseignent tout le contraire et nous regardent avec des yeux étonnés si d’aventure nous nous lançons dans une explication sur le sujet cependant… l’étonnement n’est-ce pas ce que nous avons ressenti et qu’il ressent encore ?

Nous sommes dans le principe de réflexion de l’égo classique puisque le domaine de l’autre concerne ce qui nourrit, anime, complète et que nous ne percevons pas (…)  En somme, les autres sont le reflet de ce que nous émettons dans ce monde. Tout cela est simple, logique et fait aussi partie de la construction de la flamme qui ne va pas entrer dans un univers ou dimension nouvelle de conscience en niant l’existence de l’autre réalité dans une unité transcendante (c’est le lieu d’une autre conscience probablement et un autre cheminement – le chemin des flammes n’est pas sans rappeler celui des noces alchimiques il est emprunté accidentellement en voulant sauver une colombe d’un corbeau – image duelle – on ne peut plus revenir en arrière mais c’est le plus beau chemin du retour à Soi puisque c’est celui de l’amour symbolique).

Les flammes apprennent à respirer et donc à retisser le lien avec les deux parties de l’être pour avoir conscience notamment du mouvement et seulement après on peut envisager qu’elles pourront accéder à l’unité (temporaire).

Par inférence : si une personne vit une expérience on peut parler d’hallucination ou d’erreur, quelques unes peut-être même d’hallucinations collectives mais une expérience vécue par autant de personnes, vivant dans différents lieux avec des cultures différentes et relatée dans des textes très anciens pourrait signifier qu’il s’agit bien d’une phase de développement de la conscience. Il pourrait même être possible de se demander si, – en raison des époques reculées qui l’évoque -, il ne faut pas écarter toutes les théories évoquant une grande phase d’élévation spirituelle de l’humanité pour l’idée d’un courant qui a toujours existé comme l’enfant côtoie l’adulte et le sage etc… 

Un autre élément qui évoque l’idée de l’établissement de nouvelles connexions est que sous l’angle cognitif, nous savons que les consciences sont différentes car elles sont le résultat de certaines combinaisons et connexions propres.

(** C’est ce qui rend parfois la communication difficile entre les individus qui ne projettent pas les mêmes éléments pour parler d’une chose similaire. Par exemple, si je veux évoquer un sentiment je vais dire je suis une femme et je me sens humiliée et rabaissée mais si celui devant moi est un homme de forme alors je lui ôte la capacité de me comprendre, je lui dis :  » tu ne peux pas me comprendre parce que tu n’es pas une femme » alors qu’il le peut puisqu’en tant qu’être humain il a lui même expérimenté cette sensation et j’empêche le lien de s’établir d’un côté et de l’autre. J’associe un sentiment, une émotion à une expérience alors qu’il s’agit d’un processus cognitif universel.

Cet élément parait anodin mais le retour au Soi véritable implique cet universalisme. Un jour vient où l’autre ne doit plus être traité comme l’autre partie de nous, non-éveillé à qui nous devons apporter la conscience et donné la becquée pour lui laisser le droit de nous comprendre avec sa propre conscience du monde.

« Je sais que je suis l’autre partie de toi tu ne peux pas me comprendre » devra un jour aboutir à un simple « Je suis » ou l’unique réponse sera « Moi aussi ». **)

Souvent on entend que : « les flammes étaient prêtes » sorte de légende ou principe récurrent mais c’est aussi le cas de l’enfant qui va se reconnaître, il se reconnait parce qu’il est prêt (son cerveau ou plutôt la connexion est établie) à cet instant de la reconnaissance.

Au départ, bien que l’enfant comprend qu’il est distinct du monde et qu’il peut agir sur les objets il maitrise mal son corps et se montre malhabile, on retrouve le même processus chez les flammes qui ne parviennent pas à maitriser leur nouvelle appréhension de l’univers. Elles ont un pouvoir apporté par cette conscience nouvelle mais soit elles l’ignorent, soit elles ne parviennent pas à s’en servir avec la frustration occasionnée par la situation.

Elles se croient folles parfois car il est compliquée de vivre avec cette conscience sans parfaitement l’appréhender dans sa globalité. Cela pourrait venir en partie du fait que la plupart ne sont pas parvenues au stade de la véritable reconnaissance du Soi et expérimente les stades intermédiaires où le petit enfant doute et tente de regarder de l’autre côté du miroir sans comprendre qu’il n’y a rien et tape dessus pour le briser.

C’est un processus très long dans laquelle la plupart d’entre nous nous trouvons encore et il appartient à chaque flamme de le vivre sans crainte. La peur vient de ce que nous ne comprenons pas et des mystiques que nous mettons pour boucher les trous avec des éléments que nous connaissons et qui nous rassure. Ainsi, tant que je ne comprends pas l’orage je dis que c’est Dieu car ce concept mon esprit le connait etc…

Admettre qu’il est naturel de ne pas tout savoir, que c’est même notre fonction première de lever des voiles nous permet d’avancer sans crainte car au lieu de boucher les trous avec des éléments confortables et rassurants nous admettons qu’ils sont vides et que tôt ou tard nous allons les remplir avec du sens. Cette manière d’appréhender sa conscience rend plus hardi et moins influençable mais c’est comme marcher au-dessus du vide avec la sensation de basculer dans la folie avant les révélations mais quelle liberté !!

La période où on considère l’autre comme l’autre partie de notre âme pourrait n’être que la phase de « quête » (doute) qui précède la reconnaissance véritable.

J’ai lu un article qui parlait de reconnaissance de l’enfant par l’expérience du « toucher double » c’est à dire que l’enfant en touchant sa joue est tout à la fois celui qui touche et est touché avec sensation de la joue sous les doigts et des doigts sur la joue. Nous en faisons tous l’expérience à présent mais pour l’enfant il y a quelque chose de magique la première fois qu’il prend conscience de cette gémellité de l’être intérieur et qui se projette dans le monde. Il a quitté le monde des idées pour reprendre l’expérience de Platon pour être aussi acteur du monde de la forme.

Je vous laisse le soin de la ressouvenance (…)

Les flammes développent donc peut-être progressivement un nouveau processus de conscience. Cela impliquerait pour être comprises que les autres en fasse l’expérience ou possède la capacité de faire simplement appel à d’autres expériences d’éveil qu’ils ont expérimentés pour établir une correspondance avec leur propre conscience voir qu’ils n’aient pas tué leur enfant intérieur. Il ne faut donc pas souffrir de ne pas être compris des autres car il s’agit simplement d’une difficulté à mettre des mots et des symboles sur quelque chose de non encore vécu.

Si dans un univers de bébé vous aviez la capacité de communiquer et de leur dire que cette image dans le miroir est la leur. Ils ne vous croiraient pas ou ils vous croiraient sans le comprendre, sans donner ce sens intime qu’est l’établissement de la conscience, du lien et de la connexion et vous seriez pour lui un sachant tout puissant dont il ne peut comprendre les connaissances entouré d’un profond mysticisme, – ce que je ne rejette nullement car tout individu qui va devenir et révéler sa propre conscience est un cherchant et à ce titre avant de trouver il lui faut se tenir face à des mystères avec courage et sans crainte.

Il est important tels les héros comme Psyché et Hercule descendu aux enfers de laisser notre conscience faire face à ses mystères, il ne faut pas les redouter, il faut leur donner la forme la plus claire possible pour nous qu’elle qu’en soit le symbole puis en lever les voiles progressivement pour leur donner d’autres formes et peut-être découvrir que le sens est le même.

Le but est d’éclairer sa propre conscience afin que le monde devant nous soit aussi clair et limpide que de l’eau pure et que nous puissions l’expliquer simplement en quittant le confort de notre expérience personnelle et de nos symboles pour parler la langue des autres.

Pour en revenir aux bébés, vous créeriez une génération d’être radicalisés. Toutes les formes de radicalités ou de sectarisme viennent du fait que la personne s’est vu privée de son droit fondamental de conscience, qu’on lui a nié la possibilité de se découvrir, de grandir, d’établir le sens qu’elle voulait donner au monde. On a bouché les trous à sa place et par confort ou peur elle a laissé faire.

Aux choses qu’elles ne comprenaient pas on lui a dit : « voilà la vérité ! » mais aux choses qu’on ne comprend pas la réponse est « trouve et le monde trouvera ».

C’est pourquoi la flamme doit préserver la pureté de cette conscience qu’elle se construit : étudier, lire, comparer, comprendre, se laisser aller aux mystères, vivre, connaître, rencontrer, s’offrir à sa propre imagination et donner du sens.

L’autre flamme est là pour l’y aider si elle sait lâcher prise mais elle ne doit rien croire qui ne soit éclairé par le sens qu’elle donne au monde et qu’ils donnent souvent ensemble.

On ne croit pas une phrase de Bouddha parce que c’est Bouddha, Jésus ou même Einstein mais parce que notre esprit à soudain vibré et a relié ses propres expériences, ses connaissances à celle-là comme si cela donnait du sens au reste parce qu’on l’avait compris par d’autres voies.

Les flammes pourront toujours songer qu’elles étaient prédestinées à se rencontrer après tout un aléa qui transforme une vie devient une destinée. Elles auront seules la réponse à cette question. Elles pourront songer qu’elles étaient prêtes à la vivre tout simplement comme l’enfant à se reconnaître.

Il est possible que ce chemin mène à la grande compassion. Après tout la capacité qu’à un être à se voir dans un autre et a éprouver cette empathie physique (ressentir ce que l’autre ressent)  et mentale n’engendre-t-il  pas cela quand il n’est plus limité à un seul être humain mais à tous ?

Chacun trouvera dans cette analyse ce qui éclairera sa propre vision pourvu que la source à laquelle il s’abreuve soit de plus en plus limpide et sa flamme de plus en plus rayonnante.

(…)

 

 

 

 

 

 

 

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